L'incertain

La Vie rêvée d’Ernesto G.

by kaullyne

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Comme il existe des bons romans d’été il existe de bons romans d’hiver.

La Vie rêvée d’Ernesto G en fait partie, et pas uniquement parce que Guenassia, nous emmène dans ces pays de l’est où le froid plus qu’un état d’esprit est une manière de vivre.

Après le Club des incorrigibles optimistes, le voici qui nous transporte, de Prague à Alger en passant par Paris, marchant dans les pas de ce médecin brillant dont la vie s’écoule durant cette décennie qui a vu vivre et mourir l’idéal communiste, trancher dans le vif des vies humaines, mais su, finalement retomber cahin-caha sur ses pieds, et reprendre le cours de son histoire tumultueuse.

C’est un roman qui se lit avec plaisir, un roman qui prête tout autant à l’indignation qu’au sourire et surtout à l’indulgence pour cette vie rêvée à laquelle on croirait volontiers.

Dans la pénombre qui prenait possession de cette terre perdue de bout du monde, sa stupidité lui revenait comme un boomerang. Il aurait voulu se jeter à genoux et demander pardon à Christine, pardon pour les millions de cadavres à venir, les misères inouïes, les destructions innombrables, lui crier qu’elle avait eu mille fois raison de se battre pour la paix avec une telle énergie malgré la certitude inexorable de la défaite, sans craindre les sarcasmes et le mépris. Ni les accusations de lâcheté. Ce sont toujours les pacifistes les plus courageux, c’est si facile de faire la guerre, de tuer son voisin, d’étriper des enfants, d’être le dernier à survivre quand il aurait fallu vouloir que tous vivent. Il avait été comme les autres d’une insupportable arrogance. Il avait affiché son sourire suffisant, moqué ses efforts dérisoires, ses tracts piétinés, ses pancartes mal écrites, ses amendes comme une sanction divine, ses désillusions comme des coups de poignard dans le cœur. Il avait haussé les épaules, levé les yeux au ciel quand elle disait : “Je vous en prie, souvenez-vous de la grande boucherie. Plus jamais ça.” Il avait ricané avec le troupeau et n’avait jamais fait le moindre effort pour l’aider dans ses tentatives désespérées. Un soir, à la fin d’un meeting particulièrement pitoyable, il lui avait dit : “Christine, tu es ridicule à la fin”. Elle lui avait répondu : “Je sais et je n’ai aucune pudeur.”

Coucher de soleil

by Maxence

« Tu ne rapporteras pas / la beauté d’un coucher de soleil / tu dénonceras son imposture. »

—-
Lu dans Article 11.

A Fraction of the Whole

by Maxence

“- Dis-moi, tu n’aimes pas trop les gens, n’est-ce pas ?

- Ils ne me dérangent pas.

- Tu te penses supérieur à eux ?

- Non.

- Alors pourquoi tu ne les aimes pas ?”

 Sans titre

Je me demandais si je devais parler à ce lunatique. Et puis je réalisai que personne avant n’avait jamais manifesté aucun intérêt pour ce que je pensais ou ce que je ressentais. Personne n’avait jamais manifesté d’intérêt pour moi.

“- Et bien, d’abord, j’ai dit, je suis jaloux de leur bonheur. Pour finir, on dirait qu’ils prennent des décisions sans réfléchir, et ça m’énerve.

- Continue.

- On dirait qu’ils remplissent leur vie uniquement pour éviter de penser à leur propre existence. Pour quelle autre raison se battraient-ils sur des matchs de foot, si ce n’était pour éviter de penser à leur mort imminente ?

- Tu sais ce que tu es en train de faire ?

- Non

- Tu es en train de philosopher.

- Non.

- Si. Tu es un philosophe.”

“Non, je ne suis pas un philosophe !”, j’ai crié. Je ne voulais pas être un philosophe. Tout ce qu’il font, c’est s’assoir quelque part et penser. Ils deviennent gros. Ils ne savent pas faire des choses utiles, comme faire pousser du gazon dans leur propre jardin.

“Si, Martin, tu es un philosophe. Je ne dis pas que tu es un bon philosophe, juste que tu es un philosophe, naturellement. Ce n’est pas une insulte, Marty. Écoute, on m’a étiqueté de nombreuses fois – un criminel, un anarchiste, un rebelle, parfois un déchet humain, mais jamais comme un philosophe ; ce qui est dommage parce que c’est ce que je suis. J’ai choisi une vie qui se trouve en dehors de la société, pas seulement parce que la société me rend malade mais parce que je remets en question la logique de la société, et il y autre chose — je ne sais même pas si la société existe ! Pourquoi devrais-je m’enchainer à une roue si la roue elle-même est une construction, une invention, un rêve commun créé pour faire de nous tous des esclaves ?”

Crap down here - birds

Harry se pencha en avant, je pouvais maintenant sentir son haleine aux vieux relents de cigarettes.

“- Toi aussi, tu l’as senti, Marty. Comme tu le dis, tu ne sais pas pourquoi les gens agissent sans réfléchir. Tu demandes pourquoi. C’est une question importante pour toi. Maintenant, je te demande — pourquoi le pourquoi ?

- Je ne sais pas.

- Si, tu le sais. Martin, dis-moi — pourquoi le pourquoi ?

- Et bien, si je me rappelle bien, pendant les après-midis, ma mère que donnait toujours un verre de lait froid. Pourquoi pas chaud ? Pourquoi du lait ? Pourquoi pas du jus de coco ou de mangue, je lui ai demandé une fois. Elle a répondu que c’est ce que les enfants de mon âge buvaient. Et une autre fois, pendant le repas du soir, elle m’a puni parce que j’avais mes coudes sur la table. Je lui ai demandé pourquoi. Elle m’a dit, “c’est malpoli”. Je l’ai encore interrogée, “pourquoi, comment ?”.  Cela l’a laissé perplexe et alors que j’allais me coucher — “parce que 19 heures, c’est l’heure pour les enfants de moins de sept ans d’aller dormir” — je réalisais que je suivais aveuglement les ordres d’une femme qui elle-même suivait aveuglement des rumeurs. Je pensais : les choses, peut-être, n’ont pas à être faites de cette façon. Elles pourraient être faites d’une autre façon. De n’importe quelle autre façon.

- Donc tu penses que les gens ont accepté des choses qui ne sont pas vraies ?

- Mais ils doivent les accepter, sans quoi ils ne pourraient pas survivre à leur quotidien. Ils doivent nourrir leur famille et mettre un toit au dessus de leur tête. Ils n’ont pas le luxe de s’assoir et de se demander pourquoi.”

She's well missed in Tas

Harry applaudit avec délice.

“- Et maintenant tu te fais l’avocat du diable pour entendre les arguments opposés ! Tu te disputes avec toi-même ! Ceci est aussi la marque d’un philosophe !

- Je ne suis pas un putain de philosophe !”

Harry vint s’assoir près de moi. Il mit son terrifiant visage près du mien.

“- Écoute, Marty, laisse-moi te dire quelque chose. Ta vie ne va pas s’améliorer. En fait, pense à ton pire moment. Tu y penses ? Et bien, laisse-moi te dire : tout sera pire.

- Peut-être.”

———–

Ce texte est une traduction (de l’anglais) maison d’un passage du livre A Fraction of the Whole.

Ce qu’il advint du sauvage blanc

by kaullyne

Le sentiment physique de sa solitude l’accabla. Il se laissa glisser au sol, posa sa tête sur ses genoux et lutta contre des larmes de rages qui l’envahissaient. La soif collait sa langue au palais. Sur la crête, les rafales de vent balayaient le sable en tornades éphémères.

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Au XIXe siècle , Narcisse Pelletier, jeune matelot français se retrouve abandonné sur une île océanique loin de toute civilisation occidentale.

Avec sa stature, sa couleur de peau et ses vêtements, il avait tous les attraits d’un sauvageon pour la tribu qui le découvre agonisant sur la plage…

Cet intrus qui baragouine dans une langue inconnue, geint et pleure comme un enfant a dû faire une drôle d’impression aux locaux peu habitués à ce genre d’oiseau.

Et pourtant ! Recueilli, nourri et familiarisé aux us et coutumes de cette tribu australienne, Narcisse deviendra un membre à part entière de la communauté.

Durant 17 ans, il vivra ainsi isolé de ce qui fut son quotidien, oubliant jusqu’à sa langue natale…

Ce n’est qu’à la fin de cette période qu’il sera découvert par des marins, et ramené à Sydney.

Il sera confié à Octave de Vallombrun, homme de science et membre de la Société de Géographie. Objet d’étude, de curiosité, Narcisse apparaît comme la pierre de Rosette qui permettrait de déchiffrer les us et les coutumes des « sauvages » australiens…

Vêtu du seul pagne qu’ils lui ont donné, il passe ses journées accroupi sur les talons, les coudes calés à l’intérieur des cuisses largement ouvertes.

Notre nourriture ne lui convient pas il ne l’accepte qu’avec une visible répugnance et pour ne pas mourir de faim. Il mange avec ses doigts, boit dans ses paumes et ne sait pas se servir d’un verre ou d’une cuillère. L’eau croupie ne le rebute pas, il a recraché avec dégoût le vin qu’un soldat s’était amusé à lui proposer. […]

Là où les autres voyaient un phénomène de foire ou une source de différend, je commençais à le considérer comme un sujet de pitié.

C’est l’histoire d’un homme écartelé, qui a fait siennes deux cultures en totale opposition. L’une ingérée de naissance, l’autre par instinct de survie.

L’histoire pourrait s’arrêter là, rejoignant ainsi nos chers Robinson et Vendredi sur leur île…

Mais le hasard facétieux a préféré jouer une nouvelle fois avec la vie de Narcisse en le réexpédiant auprès de l’homme blanc et de sa civilisation.

Comment être le sauvage vivant nu, contraint uniquement par son estomac et le matelot Narcisse Pelletier français et soumis à la hiérarchie sociale, à la moralité et à la bien séance ?

C’est peut-être toute la subtilité du roman de François Garde, tenter de l’expliquer sans être sur qu’il existe une réponse véritable…

La Société de Géographie a tort parce qu’elle a raison. Elle a tort d’aller chercher à connaître les peuples sauvages – on ne peut jamais les connaître ; qui les observe les change : cette curiosité est donc impossible et ne peut déboucher que sur une illusion -, mais elle a raison de tenter d’y être la première. À tout prendre et puisque l’homme blanc finira par parcourir l’ensemble des terres émergées, mieux vaut que ce premier contact soit celui d’un homme de science que celui d’un reître [?mot incertain], d’un pasteur ou d’un négociant âpre au gain. Ou des trois ensemble.
Les forêts ne seront jamais assez épaisses, ni les déserts assez arides ou glacés. 

La mise en scène du monde

by Maxence

“Au siècle dernier, les journaux servaient encore à informer (ou désinformer). Cette fonction de couverture de l’information rendait moins visible leur fonction première, qui est la mise en scène du monde. La construction d’une vision de la vie à partir de milliers d’histoires a priori contradictoires, et sans rapport entre elles. En réalité, c’est cela qu’on achète d’abord quand on achète un journal : une cohérence, née d’une interprétation répétée des évènements sur une longue durée (…).

Et La Nuit ? Pour vous dire la vérité, mettre en scène le monde nous va très bien.”

Lu dans La Nuit.

Lapham’s Quarterly — Intoxication

by Maxence

Quand il m’arrivait de boire trop, je pouvais savoir pourquoi j’en étais arrivé là, l’objectif étant de tuer un état de conscience que je n’avais pas le courage de supporter — une peur des hauteurs, qui, parfois pendant le carnaval des années 60, accompagnait mes tentatives de transformation du journaliste bourgeois en romancier d’avant-garde.*

Aujourd’hui, je mets en œuvre ce que dit déjà pratiquer Shaun, le Zimbabwéen le plus intéressant que je n’ai jamais rencontré — et le seul : écrire une heure par jour. Se planter devant la feuille au moins 60 minutes, même s’il n’en sort rien — il en sortira toujours quelque chose. Commençons donc par une review de cette bonne vieille revue, Lapham’s Quarterly, consacrée à l’Intoxication.

Attention, le journaliste bourgeois se transforme en romancier d’avant-garde.

Drôle de vie.

Au nom de l’individualité, je sentais que je devais trouver ma propre marque, quelque chose de différent. Quelque chose moi. Carltons, Kents, Alpines : c’était comme choisir une religion.

J’ai choisi les Lamborghini, rencontrées dans un carrefour de Dubaï, j’ai choisi la Gomi, celle qu’on boit dans les restaurants de Tbilissi, j’ai choisi Renault, parce qu’on peut toujours rentrer à vélo, j’ai choisi les Choco pops, parce que les enfants ne savent pas, j’ai choisi la Maes et la Jupiler ne m’en veut pas, et toutes ces choses qu’on choisi sur la route — et par-dessus tout, choisir l’AH — cette drogue sans qui Bruxelles ne serait plus vraiment belle.

Et choisir le vin, parce que

Le vin entre par la bouche
Et l’amour entre par les yeux
C’est la seule vérité que nous devons connaitre
Avant de vieillir, avant de mourir.
Je conduis le verre vers ma bouche
Je te regarde, and I sigh.

L’amour entre par les yeux et sort par la porte. Le vin est plus sage, lui, il vous fait voler, il fait prendre la porte mais pour déambuler, ici, là, sur la place du Jeu de balle, s’allonger sur le Dam, passer par la rue du Zodiac, se faire offrir des statuettes africaines, s’échouer dans des chambres inconnues, retrouver l’amour, celui qui était sorti par la porte.

Et forcément quand ce bonheur vous tient, il y a toujours quelqu’un pour demander :

« C’est quoi ton problème ? »

Et donc

Je dis, « je plane aussi haut qu’un sapin de Géorgie.»

Situation… Caucase

Comme Dean, qui était tellement stoned qu’il ne savait pas par quoi commencer, les filles ou le mambo.

Happy People.
Revenons-en au fait : je suis un journaliste bourgeois qui se transforme en romancier d’avant-garde. Et Anne Roiphe essaye de me dire quelque chose.

Les artistes buvaient. Tout le monde savait ça. L’alcool inondait leurs veines comme le sel remplissait les poumons des marins en pleine tempête. L’alcool était le lubrifiant des génies. L’ingrédient secret qui fertilisait les mots dans les cerveaux, des mots qui apporteraient gloire et fortune à ceux qui sauraient les attraper puis les libérer sur une page blanche enroulée dans une machine à écrire.

(…)

Je croyais dans l’ivresse des artistes de la même façon que j’avais de croire au penchant des éléphants pour les cacahouètes (…). Les hommes avaient besoin de boire, avaient besoin de déplacer la lourde ombre qui les suivait. Ils avaient besoin de chasser leur peur de l’insignifiance, leur peur d’être dépassés, leur vieille peur du noir et ce qui les attendait là : l’ignominie et la honte d’échouer.

(…)

Je croyais qu’il n’y aurait pas de ciel bleu sans soleil et qu’il n’y aurait pas de livres sans Scotch, pas de poèmes sans rye.

(…)

Je croyais qu’on pouvait mourir pour l’art, pour moi l’art du roman, les mots écrits.

Si vous êtes morts d’avoir trop bu les paroles d’Anne Roiphe, le Lapham’s Quarterly a prévu le remède (puisque vous êtes revenus, disons, un peu à la vie).

Immédiatement, dès le réveil, commencez par vous dire que vous êtes chanceux de vous sentir tellement mal. Cela, connu comme le paradoxe de Georges Gale, démontre que si vous ne vous sentez pas mal après une longue nuit, c’est que vous êtes encore souls et que vous devez revenir à l’état de sobriété avant que la gueule de bois ne se lève.

Après tout, de grandes parties de nos vies sont basées sur la chance, la chance d’être autorisé par la serveuse à reprendre une tournée après la dernière, la chance du dealer qui a encore en stock de quoi s’évader, la chance de retrouver cet amour qui avait pris la porte, la chance du débutant, la chance des vendredis 13, et bien d’autres chances que nous n’aurons pas la chance de citer ici.

Car il est grand temps d’en finir. Et, pour boucler la boucle, finissons avec le premier verre à l’ouverture d’un bar.

J’aime les bars à leur ouverture le soir. Quand l’air à l’intérieur est encore frais et que tout brille et que le barman passe une dernière fois devant le miroir pour voir si sa cravate est droite et si ses cheveux sont bien en place. J’aime les belles bouteilles derrière le bar et les verres qui brillent et l’anticipation. (…) Le premier verre calme du soir dans un bar calme — c’est merveilleux.

——–
*Les passages en italiques sont des traductions maison (de l’anglais) d’extraits de textes présents dans le Lapham’s Quarterly — Intoxication, Winter 2013

Traité sur le carnet

by kaullyne

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On m’a souvent demandé combien de carnets je possédais…

à cette question pourtant simple, il m’a toujours paru difficile de répondre…

A quelle sorte de carnet la personne fait-elle allusion? 

Les carnets de brouillons, répertoire et agenda en font-ils partis? Dois-je compter ceux en cours d’être noircis ou bien uniquement ceux déjà remplis? Ceux encore vierges font-ils partie du dénombrement? 

Dois-je comptabiliser les laisser pour compte, les inachevés? 

Si oui, alors plus d’une vingtaine…

Beaucoup? Trop pour certains ? Que nenni, mes amis !

Le carnet crée la vocation…quand celle-ci ne le précède pas…

Ainsi chaque nouveau carnet qui jalonne ma route, s’accommode d’un nouveau foisonnement d’idées auquel il est propre. Je pourrai, il est vrai tout mélanger dans un seul et même carnet et le renouveler sans cesse. Mais alors, mon esprit, déjà endommagé par un trop plein d’embrouillamini serait définitivement perdu ! Quand à retrouver au moment voulu et opportun, la phrase qui sied à la situation n’en parlons même pas !

De plus, si dans un malheur extrême je m’avisai de perdre ce précieux carnet, je perdrai d’un seul coup mon matériel de travail, mon support à rêves, mes auteurs préférés et leurs mots à même de faire mouche à chaque instant, mes nouveaux apprentissages, mes idées et mes envies. En un mot, démunie que je serai. 

 Quand aux feuilles volantes, elles ont un côté orphelin qui ne m’attire guère, et finissent toujours par coloniser votre sol au point de le recouvrir d’un tapis de crissements et de glissages infinis.

Voilà pourquoi je serai toujours la plus fervente adepte des carnets. 

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by kaullyne

Nous devons nous y habituer : 

Aux plus importantes croisées des chemins de notre vie, il n’y a pas de signalisation. 

 

Ernest Hemingway

De la “démocratie sexuelle”

by Maxence

“La sexualité des hommes hétérosexuels est toujours le modèle dominant. La libération sexuelle, si elle allait à son terme — c’est-à-dire jusqu’à une vraie “démocratie sexuelle” —, serait donc un coup fatal porté au patriarcat. C’est ce qui explique la résistance des partisans d’un ordre social vécu comme immuable à reconnaitre légalement les familles homoparentales : autoriser qu’on puisse faire famille sans que sa sexualité le permette a priori, c’est aussi, symboliquement, admettre la dissociation de la sexualité et de la procréation, et laisser sortir la femme de la position sacrée que lui confère son utérus.”

Lu dans Usbek et Rica, numéro 5

De la "démocratie sexuelle"

by kaullyne

Partout où luit la télévision, veille quelqu’un qui ne lit pas.

John Irving,  Le Monde selon Garp

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